I love myself Pop Culture

Sisterhood

J’aime les séries, comme toi peut-être, et comme sûrement 99% des gens.

Au tout tout début de mes études, je ne sais plus trop comment, j’ai commencé à regarder Doctor Who et Sherlock. Je fais partie de ceux qui ont adoré les deux (même si, pour l’une comme pour l’autre, l’éternisation des saisons pose la question du temps de vie des séries). Au moment où je fréquentais forums et tumblr, des images tournaient :

L’Internet était unanime : si on aimait deux séries sur les trois, on adorerait la dernière. Oui, c’est vrai, je ne connaissais pas cette série qui a débuté en 2005. Je n’en avais jamais rien vu, ni les acteurs, ni le pitch, ni même le synopsis. Un peu sceptique, j’ai mis du temps à lancer le premier épisode. Déjà, SPOILER-ALERT je l’avoue, je suis tombée grave in love de Dean aka Jensen Ackles (qui encore aujourd’hui reste le fantasme de ma vie – BREEEF).
J’ai clairement binge-watché la série, qui comptait à ce moment-là 8 saisons – contre 13 aujourd’hui and still rolling… Et quand je dis binge-watché, j’ai vu toute la série deux fois – la première en VF et la deuxième en VO (oui, je dis deuxième parce que depuis, je l’ai reprise en entier encore deux autres fois…) pendant les grandes vacances. Soit 350 épisodes de quarante minutes en deux mois, alors que j’avais un job d’été.

OUI MAIS ET ALORS ?

C’est vrai ça ! Pourquoi t’en parler ? Ça n’était ni la première fois que je le faisais, ni la dernière d’ailleurs. Et puis ce n’est clairement pas à marquer d’une pierre blanche puisqu’ultra courant.
Je ne veux ni te parler de la série en elle-même, ni de mon intense visionnage, mais de ce que j’en ai tiré. Pour ceux qui n’ont aucune idée du thème de la série, il est question de deux frères qui chassent le surnaturel. En très TRES gros. Ce qui, pour moi, fait à la fois la force et la faiblesse de la série (parce qu’ultra répétitif au bout d’un moment) c’est la relation entre les deux frères, Sam et Dean. Quatre ans d’écart, un syndrome de surprotection l’un de l’autre… une énorme partie de la série repose sur l’évolution des sentiments des deux personnages principaux, bien plus que sur les enquêtes et la « chasse ».
A force de regarder cette série encore et encore, force a été de constater que je n’avais pas ou peu de liens avec ma petite sœur. Ca m’a rendu assez triste. J’ai été prise d’une envie de l’emmener en roadtrip et de construire à mon tour des souvenirs qui n’existeraient que pour nous… ça n’avait aucun sens, déjà parce que je n’avais pas de voiture et ensuite simplement parce que la vie n’est pas une série (et pourtant j’aimerais bien !)
Mais l’idée est restée, longtemps. Elle s’est ancrée et s’est installée.

Et puis un jour, j’ai décidé de faire changer les choses. L’été 2016, après être rentrée de Milan où j’avais fait mon Erasmus pendant un an, je travaillais deux mois dans un job étudiant chez moi. On a commencé à faire des petites choses ensemble. Je lui ai ramené d’Italie les mêmes sandales que moi, qu’elle avait adorées. Je l’ai promenée un peu partout en lui faisant découvrir la musique que j’aimais et en dansant au volant. Je lui ai donné un surnom qu’on aime toutes les deux et que je suis la seule à utiliser. Des petites choses ici et là qui nous faisait plaisir à toutes les deux et qui nous rapprochaient un peu.

STRASBOURG ET TOUT CHANGE

Quand je suis partie à Strasbourg pour ma sixième année d’études, elle allait passer son bac. Elle se demandait même si elle n’allait pas les faire aussi là-bas. On a décidé ensemble qu’elle viendrait visiter la ville pour voir si ça pouvait marcher. Arrivée un vendredi soir, on a arpenté toutes les rues à pied, en faisant plusieurs dizaines de kilomètres en moins de trois jours pour tout voir. Elle voulait voir l’université, on y est passé en faisant un détour par un bar à chats. Elle voulait voir le conservatoire, on s’est arrêté dans un musée avant. On a brunché, bu des thés dans la petite France, mangé des flammekueches, des bretzels et bu de la bière.

Quand elle est repartie, elle avait vu ce qu’elle voulait et comptait bien y revenir. C’était en avril 2017.
A la fin de cette année scolaire, elle avec le bac en poche, moi avec une année de plus au compteur de mes études, je suis revenue une nouvelle fois chez ma maman pour travailler après trois mois de stage. On a profité d’un week-end pour partir ensemble une après-midi entière dans un parc d’attractions.

Je suis aussi allée l’aider à emménager dans sa chambre d’étudiante, en attendant que je parte à Paris pour qu’elle reprenne mon appartement strasbourgeois. Et puis à partir de septembre 2017 et jusqu’à décembre, elle est venue chez moi une fois par semaine, ou presque, pour qu’on mange ensemble et qu’on discute. Deux fois, on est allé ensemble au cinéma voir des films vraiment nuls (sans le vouloir obviously).

 

Aujourd’hui, on est dans une ville différente, mais on s’appelle parce qu’on a envie, on prévoit d’aller l’une chez l’autre pour recommencer. Encore mieux qu’une relation tirée d’une série, on s’est construit nos propres souvenirs, on pourra y penser et sourire ensemble et avec ça, franchement, je ne peux qu’aimer Supernatural.

Et ma petite sœur.

 

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