Féminisme Pop Culture

Les Indestructibles 2 : un nouveau modèle féministe ?

[ATTENTION] Si vous n’avez pas vu le film les Indestructibles 2, cet article contient des spoilers sur l’histoire… A vos risques et périls 😉

Depuis que je suis toute petite, j’adore les dessins animés (ou allumés comme disait ma sœur) Disney. J’adore leur morale, les chansons, les histoires… Bref je suis un peu une vendue. Je vais voir tous leurs films au cinéma, 2 fois au moins. Leurs personnages m’ont fourni une source de modèles à la pelle depuis mon enfance. Bien sûr, à l’époque, je n’étais pas totalement en mesure de questionner ces modèles, ni de me rendre compte que ce n’étaient pas les champions de la diversité et de l’inclusion. Bon après, j’ai grandi, et j’ai appris à apprécier les dessins allumés malgré leurs défauts. Et heureusement, depuis quelques années on remarque dans les contenus produits par le géant de l’entertainment une remise en question du modèle narratif classique et des modèles proposés. Ça a commencé notamment avec La Reine des Neiges, où les héroïnes commencent peu à peu à avoir des personnalités plus complexes, à se débrouiller seules, à rejeter le schéma du prince charmant salvateur… dans la limite des stocks disponibles bien sûr.

Le 4 juillet dernier, le tout nouveau Disney Pixar Les Indestructibles 2 est sorti en France, 14 ans après le premier volet des aventures de la famille de super-héros. Dans ce nouvel opus, Elastigirl alias Hélène Parr alias Mme Indestructible est missionnée pour réhabiliter la crédibilité et la légalité des super-héros. Robert Parr alias M. Indestructible, jugé trop bourrin et destructeur pour participer à ce projet, reste à la maison pour s’occuper de sa famille, tant bien que mal. Au cours de sa mission, Hélène se retrouve confrontée à ce qui s’avère être une méchante de taille, qui hypnotise les gens par la technologie.

Cette suite de l’histoire renverse les codes, et ça fait du bien !

Le film remet en question le modèle familial classique et les rôles genrés de la famille (le père fort travaille et assure les revenus et la protection de la famille pendant que la mère s’occupe des enfants, de la charge mentale et émotionnelle. La maman va sauver le monde pendant que le papa reste au foyer et tente d’être à la hauteur. Pour une fois, (et parce que cette tâche est occupée par un homme ?) on a une vision empathique du rôle de parent au foyer, de l’énergie que cela demande au quotidien. Le thème de la charge mentale est également abordé, de manière peut être un peu moins évidente. En effet, comment gérer sa famille à distance alors que Elastigirl se concentre sur sa mission ? Robert (alias Mr. Indestructible) ne cesse de la distraire et elle passerait presque pour une méchante à ne pas lui répondre. Alors qu’à l’inverse, elle ne l’aurait jamais dérangé en mission…

Enfin, un message très novateur passe par le personnage d’Edna. Lorsque Robert lui apporte Jack Jack, le bébé turbulent, pour avoir un peu de répit, elle lance une tirade assez intéressante (je ne l’ai malheureusment pas notée en plein milieu du ciné, mais voici sa reconstitution-ish) : en gros, elle explique qu’avec son métier et son ambition, elle n’a jamais voulu d’enfants, que ce n’est pas pour elle et que ça n’est pas un problème. Pour une fois, on accepte ouvertement le fait qu’une femme puisse décider de son plein gré de ne pas avoir d’enfant, et pourtant de les aimer quand même (il s’avère qu’elle développe une super complicité avec Jack Jack par la suite).

Dans ce nouvel opus, on propose de nouveaux rôles pour les femmes, parfaitement assumés : méchante, super héroïne, créatrice de gadgets hi-tech, ambassadrice… Ça fait du bien de montrer une facette de la société plus égalitaire, tout en restant cynique sur certains sujets. On notera particulièrement la réplique de Violette à la fin, qui dénonce le fait que les riches s’en sortent toujours, même s’ils se font arrêter par la police.

Dans l’ordre : Mme l’ambassadrice – Vortex – Hélène Parr – Evelyn Deavor – Edna Mode

Bon, on ne va pas se voiler la face, tout n’es pas encore tout rose : quid de la diversité autre que les white americans au physique glam ?

  • Le physique de la mère : hérité du premier film, Hélène Parr est callipyge mais avec une taille de guêpe assez improbable.
  • D’ailleurs on ne recense que des minces dans ce film ! Violette, Evelyn Deavor, l’ambassadrice, Vortex… Cette dernière aurait d’ailleurs pu être représentée plus grosse, puisqu’elle n’a pas besoin de marcher/courir pour se déplacer grâce à son pouvoir.
  • On ne voit JAMAIS la femme de Frozone (même si c’est parfaitement justifié par Brad Bird, le réalisateur du film, on est quand même déçues)
  • Violette a des problèmes classique d’adolescente américaine hétérosexuelle (du style “comment je vais faire en sorte que je plaise à ce garçoooon ?”)

fanart by Elioli Art

Amanda Lear, la voix française d’Edna, résume :

“C’est la bonne femme qui part en mission et le mec qui est au chômage […]
Mais pour moi, ce n’est pas un film féministe, ça […]
Disons que c’est un film qui voit bien comment notre société évolue.”

Retrouvez son interview complète ici.

On dirait qu’avec cet opus, Pixar a essayé de se faire pardonner des erreurs de son grand frère Disney. C’est encore balbutiant et je le sens parfois comme un peu forcé, mais quand même, c’était super agréable à regarder !

JACK JACK IN MY HEART FOR EVER <3

Lasers et fondants au chocolat,

Ma’

 

1 Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

%d bloggers like this: